Ma çonnerie

La construction de ma maison
 
 

Un soir de l année 90, nous parlions de changer d'air, quitter la banlieue parisienne pour la campagne. Avoir un autre rythme de vie. Finis les  1h45 x 2 de transport en commun quotidiennement. Finie la vision de ces tristes mines matinales et celles des zombis du soir. Malgré cela, la peur de la lassitude des vaches et de l herbe , nous hante un tantinet. Nous ne sommes pas habitué à la camomille de 17h00 le repas a 18h30, et au réveil au chant du coq. Nous nous décidâmes pour la ville de Lyon. J'ai la possibilité
d ' y avoir une mutation professionnelle rapidement, ceci me permettant de conserver mon emploi.
La grande ville est là , mais où est la campagne ?
A Lyon, pas loin !
Nous cherchons une ancienne fermette. D'une , pour cause financière, deux pour ne pas avoir un 60 m² , trois pour avoir du terrain, quatre etc etc. et pour nous ce genre de maison à une vie, un passé, et aura un avenir. Nous optons pour les monts du Lyonnais dans l ouest.. 50 bornes, certes mais a peine 1h00 de route de campagne. On fait le tour des agences. Elles nous présente diverses bâtiments, déjà restaurés mais pas à notre goût.
Nous optons pour une fermette que nous restaurerons nous même sans savoir dans quoi nous nous embarquons. Mon beau père nous dit : vous en aurez pour quinze ans. Il ne se trompait pas.

Je visite une ancienne ferme des années 1885. Je vois la source, la cave voûté en pierre et les arches de l'accès au sous sol . Je ne vois pas le reste. La toiture a refaire, les murs (1.45 m epaisseur dans le sous sol)et  tordus. Et j'imagine déjà ce que je pourrais en faire. Sauf que le béton je n'y connais rien. Cela n'a jamais été ma passion.. Néanmoins, cela semble à porté. Il suffit de faire un plancher , construire des murs et le tour est joué.

Nous achetons en 92.
La masure est inhabitable. Nous louons à 5 bornes.. Je me jette dans les travaux., qui ne sont pas aussi simple que prévu. Mon rythme de vie est ainsi fait : matin emmener les enfants a l école, puis travaux à la maison, 11h30 recup des enfants , 14h00 ramène les enfants à l école suivi du  départ pour le travail à Lyon .
01h00 du mat retour a la maison pour repos.
Fini les restaurants , les vacances, les week end. et ça a durée ... 15 ans.
Les premières années sont passées au démontage des vieux planchers, des murs, pour partir sur une bonne base. Les soirées sont passées  à l'étude de mes futurs plans. Plusieurs dizaines de pages de calques plus tard nous arrivons d accord pour la répartition des pièces a venir. Je remet tout cela au propre et effectue ma demande de permis de construire. Je  creuse le sol pour niveler . Arf ! sur 20 mètre de long un mètre à rattraper . Deplace des poutres en chêne ,dans le sous sol , qui passent devant les voûtes. Je désire toute la surface habitable de plein pied. et suis obligé de relever tous les niveaux. J'attaque la construction des piliers de soutènement (56 seaux de béton) , et des poutres porteuses.

Coffrage, ferraillage. Je me renseigne car il ne faut pas compter que sur la logique mais aussi sur les données techniques déjà établies. Enfin la pose des poutrelles et hourdis . Je commence les dalles de compression. Faut pas se tromper dans le dosage du béton. Je joue les monsieur +. Quand a la grande dalle de la partie principale, j'hésite à faire venir une toupie. Je me renseigne, le gars me dis si vous êtes seul, vous êtes fou. Passez par une entreprise. Ce qui fut dit , fut fait. Bien m'en pris car ces 3 toupies approchent les 55 tonnes de béton. La pompe est en place et c est parti

Je trace au sol l'emplacement de mes murs à venir. Afin de sortir mes gaines électriques, passer les alimentation d eau en cuivre avec des raccord brasés, les tuyaux d'évacuation eaux usées, ainsi que les tuyaux pour les radiateurs. Les ouvertures des fenêtres sont faites. Pas sûr de moi, je place des étais un peu partout sous le toit . J'ai prévu des fenêtres demi cintre et je m aperçois qu il ne reste pas beaucoup de matière entre le toit et le haut de mon cintrage. Je créé mon coffrage cintré et coule mes linteaux. Enfin on y vois un peu clair.

 L'une de partie du toit est mal en point. La , je ne peux faire ! je prend une entreprise qui s en occupe
Sur la maison trois choses ont été faites par des entreprises : la dalle de 160m² , une partie de la toiture, et la finition de la façade.
Sachant que les 60 metres carrés restant et la chappe totale à été faite à l'os.

Les hivers dans la région sont rudes. J'ai les mains gelées sur le burin en métal, mais le travail doit avancer. Et la fatigue est là. Les livraisons de mon marchand de matériaux sont par palettes. Un jour c'est rentrer 12 palettes de parpaings à la main et deux par deux, le lendemain c 'est l arrivée d une palette de ciment et 5m² de sable. Puis le gravillon... etc etc.
Ceci deviendra chose recurrente.
C'est vraiment long. Je ne vois pas la fin. Je ne suis ni maçon, ni électricien, ni plombier, ni chauffagiste je dirais même ni paysagiste. et pourtant, je suis seul à tout faire.. Sauf pendant les vacances ou des amis de passage me filent un coup de main. Puis mes beaux parents viennent de temps en temps dans l année. La c'est pas pour peigner la girafe. Je bosse plus vite avec entrain et bonne humeur. Ils sont de bons conseils car aussi passé par là ! Même avec la pause casse croûte/ pâté du matin , on en abat du taf. On ne voit plus le temps . De la sueur mais de bons moments de rigolade aussi.

 La maison prend tournure. Le gros oeuvre est fait , il faut finir une pièce pour la rendre habitable et quitter notre location. car financièrement, c est pas rentable. pfft après la pose des divers tuyaux , il faut refaire une chape sur la dalle de compression. Toutes les surfaces a recouvrir encore de 6 cms de béton. La bétonnière commence a souffrir !Les finitions approchent. Je m attaque à la partie salon.. Je veux une cheminée. Je voulais ouvert mais trop consommatrice d 'énergie. Je me rabas sur un insert pouvant contenir des bûches d 1m. Je décide de l intégrer dans
le mur.
.
c est chose faite. Je retrouve également a l exterieur une pierre du pays  style margele de puit. J'y decoupe des tronçons à la disqueuse pour faire la voute et sa clef du passage salon chambre d'amis. 

Je me retrouve a l'extérieur avec un monceau de bois venant des anciens planchés, un tas de vieilles tuiles venant évidemment du toit , et des pierres venant de l ouverture des fenêtres que j'ai percé.
Je décide de brûler le bois plein de clous. D'utiliser les pierres pour doubler un mur de la salle a manger

et un dans la cour.
Les tuiles quant à elles, sont utilisées  pour remblayer ma terrasse.

La finition de la façade, (partie faite par une entreprise) Enfin, voilà ! le travail de la façade arrive à sa fin. Plus que quelques finitions  ça et là.  mais vous comprendrez l'empressement que j'ai à vous les faire partager.
L histoire se déroule ainsi :
Il était une fois ,....... ha non pas ça ! C'est du déjà vu !
Oui mais qu'y puis je ? Je suis l auteur de ce texte et la peur de la page blanche, bien connue, m'effraye. Alors pourquoi ne pas commencer par il était une fois, parce que cette histoire est un peu un conte de fée. Le premier qui pense à Shreck plutôt qu'Alice sera victime de mon courroux .
Tout à commencé par une nuit de pleine lune. La maison non finie ressemblait plus à une masure qu'a un palais.
Cette nuit là, c'est la stricte vérité, nous rentrions tranquillement d'une soirée exorciste et tables tournantes. Notre vue est attirée par les façades, qui balayées par le feuillage éparse de l Albizia balancée par la bises chaude d 'été,  laissent apparaître  des ombres de Bottom à la tête d âne, des envols de hiboux et autres diableries.
Il faut que l'on avance plus vite. Et que cela change. Bien sur c 'était prévu, mais le temps s'égrenait doucement..
Cela nous chagrinait car malgré la sueur laissée dans cette rénovation, reconstruction serait plus juste, pendant plus de dix , nous avions en malaise permanent une sensation de non fini.
Nous décidons de prendre la licorne par la corne.
Nous parcourons les pages blanches, pages jaunes devant et marron derrière. Le choix s orienta donc sur des façadiers.
Des devis sont fait et enfin, le moment attendu arrive. Nous optons pour une boite Stéphanoise. Et oui pas de racisme primaire chez nous. Certains auraient eu tôt fait de prendre une société Lyonnaise tellement la tension se fait sentir entre ces contrées voisines. Querelles ancestrales et débiles dont personnes ne connait l origine, Mais nous, on s'en fout un peu, on est ,ni Lyonnais , ni Stéphanois. De plus les ouvriers sont turcs, et eux s'en foutent aussi, pourvu qu ils bossent (de chameau). Bref, les travail s'annonce difficile. Certes, ils ont l'habitude de la rénovation, mais là ... Les murs de la maison sont en pierre. En pierre .....à quelques endroits, en briques à d autres en bois parfois , rebouchées par les anciens pour caler certaines pierres, en crépis bizarre. Le meilleur pour eux sont les surfaces lisses, d'aplomb et brut de ciment que j'ai faite (sans me vanter) . Pour les bosses les mauvais equerrage je pardonne du fait que le batiment date de 1685 environ.
Donc, ça y est , le représentant chef superviseur, est là. Nous signons le devis et il nous remet en guise de cadeau empoisonné un nuancier. Dans nuancier, il y a nuance. Ce n'est pas un choix de couleur mais de teinte. Pas blanc ou noir, mais beige, ocre, ocre beige que seul le regard peut différencier pres d une fenêtre par éclairement normal. Pas de soleil, pas de pluie, pas nuage, et surtout pas hô grand JAMAIS , une nuit de pleine lune. Le gars nous laisse le bazard sur la table.
Le choix fut difficile ! Nous avons parcourue la région en long et en large, nous arrêtant a chaque façade, pour comparer les couleur. Il est difficile de se rendre compte avec un morceaux de 4 cm2. Les jaunes sont trop flashis et trop vifs ou bien pales et trop pisseux. Nous orientâmes sur le granite rose. Mais toujours cette luminosité qui nous joue des tours. Tel maison nous semble bien, mais quoi la façade sud n'est pas de la même couleur ? . Je pense que nous allons craquer et finir par prendre n importe quoi ! Hé non, on se lance pour un granit rose, la peur au ventre que cela n'aille pas sur toutes les façades. Les 4cm2 près d'un rectangle de 20 m x 7.5 m, nous paraissent ridicule. Enfin c est fait ! On ne revient plus en arrière.
Ils arrivent avec le matos, sableuse, compresseur, et autres...
Le Turc  chef d équipe, seul à s exprimer en français est de bon conseil. Il a l 'habitude, il connait l'effet final de la couleur, et nous rassure.
Les premières journées sont réservées à la mise en place de l échafaudage, des protection des boiserie , de la préparation des surfaces.
Le produit est là et ils commence a projeter le ciment. Je comprend, et suis déjà content de ne pas l avoir encore une fois fait tout seul à l'os. Ils en mettent épais pour rattraper au maximum les défauts. Ils lissent de suite la première couche. L 'effet est immédiat.
Les doutes s'effacent, je prends confiance.
Les gars sont sympathiques et je leur prépare après leur casse croûte une cafetière de café. Chacun le prendra comme il voudra.
- Il apporte le café pour les amadouer et qu ils fassent mieux dans les détails,
- Il apporte le café pour qu'ils soient mieux réveiller et qu ils travaillent plus vite.
Et ben non juste parce qu ils sont sympas. quoique ,, ils m ont bu a trois une cafetière pour dix personnes. soit ces gens là apprécient le café, c est comme les anglais avec le thé. ( je suis un as du café) ou alors ils  sont  poli et ils l'ont jeter dans les  thuyas . Peut importe, c est le geste qui compte.
Ils se remettent à l'ouvrage avec une frénésie inespéré..., auraient ils vraiment bu tout le café ??...........

Chut...... le conte est joli, tout le monde dort, on entend les clochette tintinnabuler, tout est calme reposé, les ombres ont disparu......................................


 

 Cette semaine de ReTeTe d avril 2010 me permet de m'attaquer a ma terrasse. heureusement la remorque tient le choc pour aller chercher les matériaux nécessaires. 9 voyages pour le sable (5,4 metres cubes)  et 5 voyages (10 pallettes)  pour les dalles. 

La terrasse le 9 avril 2010.


La terrasse le 19 avril 2010.



 

Prochaine étape :
-terrasse arrière
-allée d acces
- bassin pour Koï
-garage
-kiosque
-serre
-remise a bois




 



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